Bulletins départementaux de l'A.N.A.C.R


L'INCONNU DES FUSILLES D'ORCINES

Article publié dans le n° 140 de février 2007 de "Résistance d'Auvergne", bulletin périodique du comité départemental de l'ANACR du Puy-de-Dôme.

13 juillet 1944 : vingt-quatre otages ou maquisards, venant de quatre départements d'Auvergne, étaient tirés de leur lieu de détention, la prison militaire du 92, à Clermont. Transportés à la "carrière d'Orcines", ils tombaient, côte à côte, fusillés par les nazis.
Parmi eux, un inconnu… dont la tombe, au cimetière d'Orcines, était cependant honorée fidèlement après chaque cérémonie officielle de commémoration, à la carrière. Qui était-il ?
Grâce à de nouvelles sources de renseignements mises à jour, des recherches plus élaborées permettaient de retenir des éléments incontestables. C'est ainsi que le nom de cet "inconnu", apparu sur deux listes distinctes, complétait la liste des 24 fusillés d'Orcines. Des recherches sur minitel aboutissaient à un contact avec des membres de sa famille.
On apprit qu'il avait répondu à l'appel de mobilisation et de rassemblement du MontMouchet. Il aurait été présent aux combats du réduit de la Truyère, près de Chaudes-Aigues. Selon sa famille, il était chauffeur. Lors des affrontements du bois de Védrines (Cantal), le 20 juin 1944, son camion, atteint par les tirs ennemis aurait pris feu.
A partir de cette date, les anciens de la 8ème compagnie du Mont-Mouchet n'auraient plus eu de nouvelles de lui.
On a dû supposer que le chauffeur avait péri et que son corps avait disparu, carbonisé.
Le 12 novembre 1949, plus de cinq ans près sa disparition, la commune de Golinhac, près d'Entraigues (Aveyron), dont il était habitant, stipulait sur ses registres : "décédé le 20 juin 1944, au bois de Védrines (Cantal)".
En réalité, s'étant tiré de l'incendie de son véhicule, il avait été capturé, victime du ratissage du secteur par le SD allemand et la Wehrmacht. Il fut interné à la prison militaire du 92, à Clermont, où il arriva le 24 juin, cellule HI.
Le 13 juillet, il tombait avec les 23 autres "combattants de l'ombre" à la carrière d'Orcines.
Sa petite-fille et son mari étaient présents et déposèrent une gerbe au monument lors de la cérémonie commémorative de 2006.
L'inscription "Inconnu" était remplacée par le nom du maquisard du Mont-Mouchet.
Il s'appelait : "Edouard-Louis CARMARANS - Enguialès (Aveyron) 1903 - Orcines 1944".
L'ANACR et "Résistance d'Auvergne" n'ont jamais négligé les recherches d'identité concernant les inconnus tués au combat ou fusillés et ont pu parvenir à quelques résultats positifs.
C'est le cas de BASSIS Maurice (Bob), de Paris, tué à 20 ans à Manérol, commune de Dontreix (Creuse), le 4 juin 1944, lors de l'attaque surprise du groupe FTP "Gabriel péri", auquel il appartenait. Il était inhumé, comme les autres maquisards, dans l'ossuaire de Combeauvert (voir "RA", n° 57, p.7). Grâce à la ténacité de l'ANACR, son identité a pu être enfin établie avec certitude, quarante ans après. Son nom fut gravé sur le monument en 1984, en présence de sa sœur qui n'avait cessé de faire des recherches.
C'est le cas aussi de Jean CASANOVA (Gaston). Après le sanglant combat de Sarpoil (27 décembre 1944), le corps carbonisé d'un jeune résistant Inconnu, tué et brûlé dans le véhicule qu'il occupait, était inhumé, par les bons soins des habitants, au cimetière le la commune, à Saint-Jean-en-Val près d'Issoire.
L'ANACR, avec René Crozet (lieutenant Jimmy), grièvement blessé lors de l'affrontement, n'eut aucun répit au cours de l'enquête pour découvrir l'identité du jeune résistant : sergent Jean Casanova (Gaston).
Une plaque commémorative a été apposée sur sa tombe par l'ANACR, ses amis et grâce à l'aide bienveillante de M.Thiriot, maire de Saint-Jean-en-Val.

 

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