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PLURALISME
DE LA RESISTANCE,
DE L'ANACR ET DES "AMI(E)S"
Lors de la réunion
du Conseil National de l'ANACR en novembre
2005 avait été abordée
la question du pluralisme. Une notion
fondamentale de l'identité de l'ANACR
et conséquemment de l'"Association
Nationale des Ami(e)s de la Résistance
(ANACR)", une notion découlant
directement de ce que fut la réalité
de la Résistance. Dans le cadre
de la préparation des Assises nationales
de l'Association Nationale des "Ami(e)s"
- qui se sont depuis tenues les 4 et 5
mars 2006 - à Paris, le JOURNAL
DE LA RESISTANCE de novembre-décembre
2005 a publié cet article du secrétariat
de l'Association des Ami(e)s rappelant
toute la dimension et la portée
de cette notion de pluralisme
PLURALISME
DE LA RESISTANCE
Issus de toutes les
couches de la population, passionnés
par l'Histoire de la Résistance,
s'inspirant dans leur vie de citoyens
des valeurs humanistes, démocratiques,
patriotiques et non nationalistes qui
ont inspiré le combat des Résistants,
elles et ils s'attachent à approfondir
la connaissance à la fois de la
réalité de l'Occupation
nazie et du régime de Vichy à
son service et celle du combat de la Résistance
pour libérer notre pays et y restaurer
la démocratie, et à diffuser
cette connaissance le plus largement possible,
par des conférences-débats,
des expositions, des projections de films,
la publication de journaux et livres,
etc.
Elles et ils luttent contre les tentatives
de nier ou minimiser les crimes du fascisme
et de la collaboration, contre les calomnies
à l'égard des Résistants
et des antifascistes, contre la résurgence
des idées xénophobes et
racistes.
Fondant leur action sur les valeurs de
la Résistance contenues dans le
Programme du C.N.R et sur les orientations
pluralistes de l'A.N.A.C.R., à
la vie de laquelle elles et ils apportent
de plus en plus leur concours, se sont
constitués le 27 avril 2003 en
"Association Nationale des Ami(e)s
de la Résistance (ANACR)",
agissant aux côtés de l'ANACR
et partageant ses objectifs.
Des Groupes locaux et départementaux
d'"Ami(e)s de la Résistance
(ANACR)" - développant leur
action en étroit partenariat avec
les comités de l'ANACR - existent
dans plus des 2/3 des départements.
Dans les autres, les "Ami(e)s de
la Résistance (ANACR)" sont
organisés directement dans les
Comités locaux de l'ANACR.
Par ailleurs, un processus de rapprochement
des structures de l'ANACR et de l'Association
Nationale des Ami(e)s de la Résistance
(ANACR), lié aux nécessités
née hélas de la disparition
de nombreux Résistants, est en
cours.
Lorsque l'on évoque
le pluralisme de la Résistance,
la première référence
qui vient à l'esprit pour l'illustrer
est la composition du Conseil National
de la Résistance tel que le forma
Jean Moulin lors de sa réunion
constitutive du 27 mai 1943 à Paris,
rue du Four. En effet, aux côtés
des mouvements de Résistance tant
de Zone Nord que de Zone Sud, dont la
pluralité témoigne d'une
grande diversité quant aux conditions
de leur émergence, de l'automne
1940 à la fin 1941, le CNR va rassembler
aussi, selon le vu du général
de Gaulle - soucieux du rassemblement
de toute la Résistance - des partis
politiques tant de gauche et centre gauche
(Communiste, Socialiste et Radical) que
de centre droit et de droite (Alliance
démocratique, Fédération
républicaine, Démocrates-chrétiens),
de même que deux centrales syndicales
(CGT et CFTC) aux profils fort différents.
Mais, le pluralisme de
la Résistance fut sans doute d'abord
celui des motivations qui amenèrent
des Français à s'engager
en son sein en nombre allant de plus en
plus important tout au long de l'0ccupation
: l'antifascisme du mouvement ouvrier
qui avait conduit nombre des premiers
résistants de France - français
et immigrés - à lutter dès
1936-1939 en Espagne contre Hitler, Mussolini
et leur allié Franco dans les faubourgs
de Madrid, Bilbao ou Barcelone, le patriotisme
amenant à refuser la défaite,
la collaboration avec l'ennemi et la vassalisation
de la France, l'humanisme chrétien
ou laïc révolté par
les mesures antisémites du régime
de Pétain et les persécutions
raciales nazies, l'idéal démocratique
et républicain bafoué par
"l'Etat Français"
Etant entendu qu'il ne s'agit pas là
d'une énumération limitative
et que, dans leur grande majorité,
les Résistants partageaient plus
d'une de ces motivations, en attachant
peut-être, selon leur parcours personnel,
plus d'importance à telle ou telle
d'entre elles.
Par ailleurs, la composition
du CNR en ses divers mouvements, partis
et syndicats fondateurs, pour être
un indicateur du pluralisme de la Résistance,
ne l'est que de manière incomplète
si l'on ne s'arrête qu'à
la simple énumération. Car
en effet, si en ce qui concerne les partis,
leurs contours politiques et idéologiques
peuvent être cernés de manière
relativement précise, cela est
déjà moins vrai évidemment
pour les syndicats ; ainsi, réunifiée
par les accords du Perreux, la CGT clandestine
rassemble des hommes - tels Jouhaux et
Frachon - aux options déjà
fort différentes avant Guerre et
qui le seront à nouveau de manière
très affirmée après,
mais qui mènent ensemble le même
combat de Résistance au-delà
de leurs conceptions différentes
de la société et même
du syndicalisme.
Quant aux mouvements, il
est particulièrement réducteur
de les cantonner à un courant de
pensée et de les cataloguer : ainsi,
le Front National de Lutte pour la libération
et l'indépendance de la France
est souvent abusivement et de manière
très simplificatrice présenté
comme "communiste" : alors que,
membres de son Comité directeur,
des hommes tels François Mauriac,
le Révérend-père
Philippe ou le général Dassault
peuvent être difficilement catalogués
comme communistes ; pas plus que ne peut
l'être Georges Bidault, représentant
des Démocrates-Chrétiens
au sein du CNR et par ailleurs membre
du Front National. A l'inverse, Pierre
Hervé, qui supplée Pascal
Copeau à la représentation
de Libération-Sud au sein du CNR
est communiste, comme l'est alors Marcel
Degliame qui succède au sein du
CNR à Claude Bourdet comme représentant
de Combat ; comme l'est aussi Jean Pronteau,
dirigeant de l'OCM des Jeunes.
De la même manière,
présenter les FTP comme "communistes"
et l'A.S. comme "gaulliste"
fait fi des réalités, notamment
régionales : ainsi, cadre dirigeant
de l'A.S. puis des Corps Francs de la
Libération dans le Sud-Ouest, Jean-Pierre
Vernant, futur Compagnon de la Libération,
est alors communiste. Et c'est ignorer
que nombre de résistants ont rejoint
tel ou tel maquis, tel ou tel réseau
ou mouvement non par affinité idéologique
mais par proximité géographique
ou au gré de l'appartenance de
leur premier "contact" résistant.
De ce fait, il n'est pas
étonnant qu'aucun des grands mouvements
de la Résistance - Libération
Nord et Sud, Combat, Franc-Tireur, Front
National, OCM, CDLR, CDLL
- n'ait
donné à la Libération
naissance à un parti politique
: la raison en est que tous ces mouvements
et formations, au-delà de telle
ou telle sensibilité représentée
de manière plus ou moins importante
en leur sein, avaient un caractère
pluraliste. Or, la Libération venue,
la période de la Résistance
à l'Occupant et au régime
de Vichy étant de ce fait pour
l'essentiel achevée, les Résistants,
selon leurs convictions, leurs choix de
société, se sont alors tout
naturellement répartis dans les
divers courants incarnés par les
Partis politiques d'alors : communiste,
socialiste, radical, démocrates-chrétiens
du MRP, etc.
A contrario, cela souligne
qu'unis pour l'objectif commun qu'était
la lutte contre l'occupant nazi et le
fascisme pétainiste, les Résistants
pouvant être - étant - par
ailleurs d'opinions fort différentes
quant à l'organisation de la société,
ont su faire taire ces différences
tant que la France n'était pas
libérée et que la démocratie
n'y était pas restaurée,
précisément pour faire triompher
ce double objectif. Cela fut particulièrement
évident de par le fonctionnement
du CNR et les conditions d'élaboration
de son Programme, dont furent écartés
pour les renvoyer au débat démocratique
d'après la Libération des
sujets qui - tel le droit de vote des
femmes, la laïcité ou l'avenir
des colonies - auraient pu compromettre
la nécessaire unanimité
régissant le CNR. Une démarche
vitale pour l'unité de la Résistance,
condition de l'efficacité de son
combat.
C'est cette démarche
de pluralisme, de rassemblement et d'unité
que l'ANACR a voulu pérenniser,
et ce dès sa définition
dans la forme que nous lui connaissons
encore aujourd'hui, lors de son congrès
tenu à Limoges en 1954.
Moins connus que les
mouvements et maquis, les réseaux
- près de 300 homologués
F.F.C. - ont aussi organisé des
milliers et des milliers de résistants.
Citons notamment les réseaux du
Musée de l'Homme, Brutus, Résistance-fer,
Alliance, NAP, CND-Castille, Cohors-Asturies,
Ajax, Turma-Vengeance, Buckmaster, Mithridate,
Goélette-frégate, Vélites-Thermopyles,
Super-NAP
Le Mouvement Républicain
Populaire (MRP), fondé fin novembre
1944, est pour une part héritier
du Parti démocrate populaire et
du christianisme social du "Sillon"
d'avant guerre. Son premier président
est Maurice Schumann, porte-parole de
la France Libre, ancien de la 2è
DB et Compagnon de la Libération.
Il compte parmi ses dirigeants Georges
Bidault et André Colin, respectivement
ancien président et membre du CNR.
De manière non pérenne exista
une petite formation de centre gauche
formée en juin 1945, l'UDSR, rassemblant
à son origine des Résistants
issus du MLN, de l'OCM, Libé-Nord
Quant au Parti Républicain de la
Liberté (P.R.L.), parti de droite
créé en décembre
1945, il rassembla aux côtés
de résistants - tel André
Mutter, membre du CNR où il représenta
C.D.L.L.- d'autres personnes qui l'étaient
beaucoup moins
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