| LA
CONNAISSANCE DE LA RESISTANCE |
Réunie en Congrès
national à Limoges les 27, 28 et
29 octobre 2006, l'ANACR entend poursuivre
sans relâche la réalisation
du programme de connaissance de la Résistance
adopté par les congrès précédents.
La disparition de nombreux résistants
et l'avènement des nouvelles générations
conduisent à insister tout particulièrement
dans ce programme sur les trois orientations
majeures ci-après.
1°) Renforcer la
vigilance quant au respect de la vérité
historique : - Celle-ci doit être
confortée par les ultimes témoignages
et par une accessibilité accrue aux
documents d'archives. Dans le même
temps, la plus grande vigilance s'impose,
face à la montée de mouvements
néo-nazis et au développement
de la propagande négationniste.
L'ANACR se doit aussi de mettre en garde
contre les immixtions récentes dans
l'histoire des années noires de la
part d'institutions publiques et même
de juridictions. Les conclusions qui s'ensuivent
de la part de ces instances sans compétence
historique ne correspondent pas aux faits
réels. Elles créent de plus
un risque sous-jacent de dérive vers
une sorte d'Histoire officielle, au demeurant
non objective et sans fondement solide assuré.
2°) Obtenir un
enseignement spécifique de la Résistance
et adapté aux nouvelles générations
d'enseignants et d'élèves
: A nouveau, mais plus fortement que jamais,
l'ANACR préconise pour les enseignants
débutants une formation appropriée
en la matière, (I.U.F.M., C.D.D.P.,
Chaires universitaires) et, pour ceux en
fonction, des possibilités réelles
de mise à niveau.
L'ANACR souhaite une fois de plus que soit
entreprise l'introduction progressive du
Concours national de la Résistance
et de la Déportation dans toutes
les étapes de la scolarité.
C'est là, entre autres, l'une des
mesures que propose la représentation
de l'association dans le groupe de réflexion
sur l'évolution du concours qui vient
d'être constitué au sein du
jury national.
L'ANACR continue aussi de demander que les
manuels d'histoire de la période
s'efforcent, sans exception aucune, de prendre
correctement en compte les événements
essentiels, comme devra y inciter la plaquette
" Repères pour aborder la Résistance
" qu'elle a elle-même élaborée.
3°) . Impulser
et intensifier les actions de transmission
de la mémoire : le 18 juin,
journée de la France Libre et le
27 mai, en tant que journée de la
Résistance; le programme du CNR,
dont la connaissance et lexplication
devraient systématiquement être
intégrées dans les programmes
et manuels scolaires en tant quéléments
de léducation civique, et,
bien entendu dabord, faire partie
de la formation des enseignants.
4°) Poursuivre
les efforts pour quun enseignement
de la Résistance soit dispensé
à tous les niveaux de la scolarité
: A l'évidence, pour les Amis de
la Résistance-ANACR, cette mission
est fondamentale et même une raison
d'être. Les stages de formation les
concernant, et dont certains ont déjà
eu lieu, sont appelés à se
développer pour les y aider. Leur
participation de plus en plus active à
l'association et à ses responsabilités
est, bien entendu, un élément
moteur.
Mais leur implication doit s'étendre
partout à toutes les actions de mémoire
nécessaires. Qu'il s'agisse, par
exemple de leur participation à la
sauvegarde des témoignages, de leur
présence aux rencontres avec les
scolaires, des interventions pour la protection
légale des plaques, stèles,
monuments et noms de rues dédiés
à la Résistance, de l'organisation
et du fonctionnement des musées de
la Résistance.
Avec eux, grâce
à eux, il faut que la mémoire
soit ainsi bien présente dans chaque
composante de la société de
demain.
Tels sont des axes essentiels de l'activité
que l'ANACR se doit de déployer pour
faire mieux connaître ce que fut le
combat des résistants. Axes essentiels,
mais sans exclure aucunement d'autres initiatives.
Il importe en tout cas que les pouvoirs
publics finissent par prendre en compte
une journée de la Résistance,
celle du 27 mai que nous réclamons,
eux qui viennent fort heureusement d'officialiser
la commémoration de l'appel du 18
juin.
C'est bien ainsi, en définitive,
en conjuguant les efforts objectifs d'où
qu'ils viennent, que la connaissance de
la Résistance sera toujours présente
dans l'avenir. Les exemples qu'elle évoque,
les valeurs civiques qu'elle révèle
doivent lui donner un rôle de premier
plan dans la formation citoyenne des jeunes,
maintenant et demain.
| RESOLUTION
DES " AMIS DE LA RESISTANCE (ANACR)
|
"RESISTANTS
ET AMI(E)S : AVEC L'ANACR,
L'ACTION CONTINUE !"
ILes "Ami(e)s de la
Résistance (ANACR)" présent(e)s
au congrès de l'ANACR réuni
à Limoges du 27 au 29 octobre 2006
mesurent la responsabilité qui est
la leur dans cette période de la
vie de l'Association Nationale des Anciens
Combattants de la Résistance, marquée
par la disparition, conséquence des
62 années qui se sont écoulées
depuis la Libération, de nombre de
ceux qui ont fait de l'ANACR la grande association
de Résistants qu'elle reste encore
aujourd'hui, et dont a témoigné
l'importance de la participation au Congrès
de Limoges de centaines d'entre eux venus
de toute la France. Une association qui
depuis sa fondation n'a cessé de
mener le combat pour les valeurs humanistes,
patriotiques et démocratiques de
la Résistance, le combat contre les
résurgences des idéologies
fascistes, contre les manifestations de
racisme et de xénophobie, contre
les atteintes à la paix mondiale
au mépris du droit des peuples à
vivre libres.
Ce combat doit se poursuivre
: par devoir à l'égard de
ceux qui sont allés jusqu'au sacrifice
suprême dans la lutte contre l'occupant
nazi et ses complices pétainistes,
par devoir aussi envers les Résistantes
et les Résistants qui, depuis plus
de 60 ans, en militant à l'ANACR,
ont refusé que soient bafoués
les idéaux pour lesquels ils se sont
engagés au péril de leur vie
dans la lutte pour redonner à la
France son indépendance et son honneur
et au peuple français sa liberté.
Il doit l'être aussi par besoin face
aux résurgences du fascisme, au négationnisme,
à la montée du racisme, aux
atteintes à la démocratie,
aux manquements à la solidarité
entre les hommes et les peuples, aux agressions
contre les Etats et les populations.
Ce combat, prenant exemple
sur les Résistants, les "Ami(e)s
de la Résistance (ANACR) entendent
le mener en premier lieu en contribuant
à créer les conditions de
la pérennisation de l'ANACR qui,
en rassemblant dans l'esprit de la Résistance
et pour les valeurs de la Résistance
des femmes et des hommes de convictions
politiques, philosophiques et religieuses
différentes, est pour eux un exemple.
Créer ces conditions
de la pérennisation de l'ANACR, c'est
d'abord pour les "Ami(e)s de la Résistance"
apporter toute leur aide au fonctionnement
et à l'action de ses Comités
locaux et départementaux, dont l'autorité
est un acquis précieux pour la poursuite
de la lutte menée depuis plus d'un
demi-siècle et dont les "Ami(e)s
de la Résistance" entendent
être les continuateurs.
C'est aussi pour eux se faire
les "passeurs de mémoire"
auprès des jeunes générations,
d'abord en recueillant, notamment par les
moyens modernes audiovisuels, les témoignages
des Résistantes et des Résistants
rassemblés dans l'ANACR, en les accompagnant
devant les élèves dans les
établissements scolaires, en contribuant
au maintien et au développement du
Concours de la Résistance et de la
Déportation, en approfondissant la
connaissance de l'histoire de la Résistance,
en faisant connaître au plus grand
nombre ce que fut le combat de la Résistance
et les valeurs qui motivèrent les
Résistants, valeurs qui inspirèrent
le Programme du Conseil National de la Résistance
et qui restent très contemporaines.
A ce congrès de Limoges,
tenu dans la ville qui vit naître
il y a 52 ans, en dépassant les puissants
antagonismes politiques du moment, l'ANACR
dans la conception pluraliste qui a été
et reste la sienne, les Résistantes
et les Résistants ouvrent les rangs
de leur association aux générations
des "Ami(e)s de la Résistance",
c'est là un acte de confiance envers
eux, un acte de confiance dans l'avenir,
C'est aussi pour les
"Ami(e)s de la Résistance"
une grande responsabilité. Une responsabilité
qui est d'abord de continuer - le plus longtemps
possible avec les Résistants et hélas
demain sans eux - le combat pour les valeurs
de la Résistance, en préservant
avec fermeté ce qui a fait de l'ANACR
une grande association et lui a permis de
mener avec succès de nombreuses luttes
à partir de ces valeurs, le pluralisme
qui a réuni en son sein des dizaines
de milliers de Résistantes et Résistants
et qui seul peut permettre de rassembler
en nombre des "Ami(e)s de la Résistance",
ce dont a besoin la lutte démocratique
contre les héritiers de ceux que
combattirent les Résistants.
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