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Le
début de la "marche triomphale"
Cependant, le 15 août,
en Provence, avait lieu un second débarquement
coordonné avec l'opération Overlord.
L'armée B, franco-américaine,
était aux ordres du général
de Lattre-de-Tassigny. L'historien officiel
britannique John Ehrmann évoque les
conséquences de ce débarquement:
"La guérilla étendit bientôt
son activité, bloquant les lignes de
retraite dans les Alpes, attaquant les Allemands
dans la vallée du Rhône et finalement,
au début de septembre, libérant
les grandes villes de Toulouse, Lyon et
Bordeaux en avance sur les Alliés"
(9).
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| Une
combattante FFI-FTPF de Provence |
Lorsque la Première
Armée française, dépassant
Toulon, fonce vers Marseille, elle se présente
devant une ville insurgée. Le général
craint de laisser ses troupes entrer dans
une nasse, "dans la pagaille d'une ville
en pleine insurrection.".
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| Devant
le P.C du "Régiment Marseillaise" |
Néanmoins, sous la
responsabilité du général de
Montsabert, la troisième Division d'Infanterie
algérienne fait mouvement. De Lattre
écrit qu'elle se laissa "littéralement
aspirer par la foule méridionale".
Le rapport officiel de l'armée dit: "l'arrivée
de l'armée régulière soulage
les Forces Françaises de l'Intérieur,
durement accrochées depuis 48 heures"
(10). C'est vrai, mais ce qui l'est également
c'est que depuis 48 heures la garnison allemande
est bloquée dans quelques points d'appui.
Alors commence ce que de Lattre appelle "La
Marche Triomphale". Les réseaux ferrés
sont totalement désorganisés par
les F.F.I. Depuis la vallée de la Garonne,
de grands combats, entre autres à la
Madeleine, dans le Gard, (où participent
des guerilleros espagnols) empêchent
des unités allemandes de rejoindre la
vallée du Rhône pour chercher la
route du Nord, cependant qu'en pleines Alpes
la VIIIe Armée américaine, également
aux ordres de de Lattre, peut, d'après
le même rapport "s'élever rapidement
vers le Nord dans une zone presque vidée
d'ennemis".
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| Défilé
FFI à la Libération |
Sur l'axe du Rhône
et de la Saône, l'armée françaises
avance de plusieurs dizaines de kilomètres
par jour, de Lattre mentionnant que l'une
de ses unités a même une fois parcouru
170 km dans la journée ! Alors
que sur Toulon et Marseille cette armée
a perdu 1513 hommes, elle n'en perdit que
180 jusqu'aux approches des Vosges. Autant
dire que l'expression employée pour Marseille
est valable pour l'ensemble des opérations:
L'INSURRECTION NATIONALE A LITTERALEMENT
"ASPIRE" LE CORPS DE DEBARQUEMENT. Quatre
divisions avaient suffi : 1ere division d'infanterie
marocaine, 9e division d'infanterie coloniale,
3e division d'infanterie algérienne et
1er division blindée, alors que le territoire
libéré représentait environ
le quart de la surface de la France. Lyon
devait, d'après les plans, être
atteint 90 jours après le débarquement,
c'est-à-dire le 15 novembre ; il
le fut le 3 septembre...
Dans un télégramme du 1er juillet
1944, Winston Churchill disait au président
Roosevelt son espoir "que dans plusieurs
mois elles (les troupes venues de Provence)
pourront apporter une aide efficace à
Eisenhower qui se trouve si loin au Nord".
Or, la jonction entre les forces anglo-américaines
débarquées en Normandie et les forces
débarquées en Provence se fit dans
le village de Nod, entre Châtillon-sur-Seine
et Dijon, le 12 septembre, c'est-à-dire
non pas plusieurs mois, MAIS 27 JOURS après
le débarquement en Provence.
Paris
L'histoire de l'insurrection parisienne et
de la libération de la Capitale est certes
encore souvent altérée, mais la
tâche devient beaucoup plus difficile
avec la publication par le colonel Henri Rol-Tanguy,
aujourd'hui co-président de l'A.N.A.C.R.,
de 100 documents sur cette Libération,
ouvrage que nous évoquons plus loin.
Il est malgré tout quelques précisions
qui doivent être répétées.
Elles concernent essentiellement les assertions
ridicules et blessantes de quiconque tente
encore de présenter le général
Von Choltitz, commandant allemand de la garnison,
comme ayant volontairement épargné
Paris. Dans ses propres mémoires, Von
Choltitz écrit, à propos de l'ordre
de destruction qu'il avait reçu: "J'y
renonçai..., non par bonté d'âme
congénitale et déplacée, mais
fort de l'expérience que j'avais accumulée
au cours de mon existence : les destructions
auraient porté au paroxysme la fureur
de tous les parisiens.
L'ORDRE DE REDUIRE PARIS EN UN TAS DE DECOMBRES
NE POUVAIT PLUS FAIRE L'OBJET DE PLANS RAISONNABLES
ET REALISABLES"
(9) Grande
stratégie (Office de librairie de Sa
Majesté)
(10) Publié le 10 août 1945 par
le ministère de l'Information
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