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Négationnisme
= Barbarisme
Une jeune
historienne Valérie Igounet, vient
de publier aux Editons du Seuil " l'Histoire
du négationnisme en France".
Lui consacrant une chronique, Alain-Gérard
Slama souligne l'importance de deux démonstrations
auxquelles se livre l'auteur:
-"La première est que loin d'être
motivée par le souci de la vérité
historique dans lequel se drapent les négationnistes,
la contestation de la réalité du génocide
des Juifs est une idéologie, dont le créneau
central est l'antisémitisme";
-"La seconde démonstration contenue dans
ce livre met en évidence le fait que, se
présentant comme "révisionnistes", ces
prétendus historiens sont parvenus à
inverser la charge de la preuve, en abusant quelques
intellectuels et en utilisant habilement les médias".
Remarquons au passage que certains invoquent,
comme en Amérique et même en Grande-Bretagne
l'absolue liberté d'expression. Le bon sens
et le droit français tiennent compte d'une
réflexion beaucoup plus poussée. Le
droit d'expression autorise t-il, par exemple,
l'appel au crime ou la justification du crime
? La loi qui officialisa en France la liberté
républicaine de presse en 1881, fixa les
limites. L'appel au crime, son approbation ou
son apologie tombent depuis lors sous le coup
de la justice. Certains intellectuels ne réfléchirent
certes pas à cette considération, qui
est l'honneur de la IIIe République en sa
première jeunesse : le linguiste Noam
Chomsky, l'abbé Pierre, hélas, Roger
Garaudy se sont fait les alliés, "d'une
entreprise dont le principal résultat a été
de réduire à la défensive les victimes
du génocide le plus radical et le plus humiliant
de l'histoire". D'où notre désaccord
avec une appréciation d'Alain-Gérard
Slama qui trouve que la loi Fabius-Gayssot permet
à Faurisson et Cie d'"inverser les rôles
en se présentant comme des victimes". En
fait, elle se situe dans la ligne fixée par
la loi sur la liberté de la presse et s'inscrit
pleinement dans notre souci-sain entre tous-de
protéger l'opinion publique française,
surtout celle des jeunes, de contaminations faisant
le jeu des négationnistes et leur apportant
renfort.
Et rappelons que, dès 1979, des historiens
d'écoles différentes, d'opinions quelques
fois divergentes sur certains sujets historiques,
ont publié un manifeste qui, avait pour titre
cette incontestable vérité: "Il n'a
pas, il ne peut y avoir de débat sur l'existence
des chambres à gaz". Les signataires avaient
noms: Besançon, Braudel (l'un des maîtres
des études historiques contemporaines), Marc
Ferro, Furet, Julliard, Le Roy-Ladurie, J.P Vernant
(ancien départemental F.F.I de Haute-Garonne),
Veyne, Vidal-Naquet.
Ces personnalités, de premier plan en leur
domaine, ne se sont certes pas laissées troubler
par la tactique des révisionnistes consistant
à mettre en valeur de légères différences
entre des témoignages contemporains de la
guerre et des camps, essayant de rendre quelques
menues grenouilles aussi grosses que le boeuf.
Ils savent depuis longtemps, comme le rappelle
à juste titre le critique, que "le devoir
de l'historien professionnel est de soumettre
les témoignages oraux aux critères de
la recherche scientifique". C'est ce qu'ils
ont fait et leurs conclusions sont résumées
dans le titre de leur manifeste.
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